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Ville en vert

Démystifions les pratiques du jardinage écologique !

Le jardin écologique Photo de Pierre Vessier

Les pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) sont encore beaucoup trop utilisés pour résoudre les problèmes agricoles. Pourtant, leur utilisation perturbe l’équilibre des écosystèmes et est source de multiples risques sanitaires importants (contaminations, cancers par exemple).

Le jardinage écologique consiste à prévenir les maladies et les ravageurs  grâce à de bonnes méthodes de culture, de manière à maintenir un système stable et résilient. Quelles sont ces pratiques ?

  • Placer la bonne plante au bon endroit ! Au jardin, il faut toujours se poser des questions ! Choisir de planter la plante X à l’endroit Y ne se fait pas par hasard. L’emplacement s’effectue en fonction de l’exposition de votre jardin au soleil, de votre type de sol, du drainage… bref, de vos propres conditions de terrain !
  • Créer un milieu diversifié ! Un environnement complexe, c’est un environnement qui marche, qui fonctionne, qui s’auto-régule ! Plantez de tout dans votre jardin : des arbres, des plantes ornementales, des fleurs… de toutes les formes et de toutes les variétés ! C’est la diversité qui permet d’arriver à un équilibre entre proies et prédateurs !
  • Nourrir votre sol en surface : éléments nutritifs, plantes et vie microorganismes invertébrés (compost, engrais naturel : fumier de poule) en fonction des besoins de vos plantes
  • Couvrir votre sol ! La technique du paillage présente de bien nombreux avantages ! Protection du sol, régulation de la température, limitation de l’évaporation, élimination des herbes indésirables, prévention du ruissellement et de l’érosion, hébergement de la vie sont les avantages du paillis !
  • Bien gérer les apports et ses stocks en eau ! Bien arroser son jardin, c’est apporter de l’eau lorsqu’il en a besoin, en fonction des conditions climatiques. C’est aussi arroser abondamment le matin, au niveau du sol, en profondeur lorsque le temps s’annonce chaud dans la journée. Il s’agit en fait de maintenir une humidité constante au niveau du sol, afin de conserver votre système en équilibre ! L’eau est précieuse, alors récupérez là ! Des bacs de récupération de l’eau de pluie sont de formidables alliés !
  • Observer son jardin, ouvrir l’œil et rester tolérant ! Le vivant est imprévisible, composez avec lui !
Figure 1 : De la diversité sur le jardin communautaire de Saint-Sulpice (Ahuntsic-Cartierville) !
Figure 1 : De la diversité sur le jardin communautaire de Saint-Sulpice (Ahuntsic-Cartierville) !

 

Démystifions le compagnonnage !

Le compagnonnage, c’est associer les plantes entre elles de manière à utiliser eurs vertus afin de leur fournir le meilleur environnement possible. Certaines vont attirer les auxiliaires de culture, les espèces utiles et attirer les pollinisateurs, et d’autres vont éloigner des parasites.

Des exemples de bonnes associations ?

  • L’oignon et la carotte : l’oignon éloigne la mouche de la carotte et la carotte éloigne la mouche de l’oignon !
    Figure 2 : La culture des Trois Soeurs au Jardin Botanique de Montréal
    Figure 2 : La culture des Trois Sœurs au Jardin Botanique de Montréal
  • Le maïs, la courge et le haricot (les trois sœurs) : une interaction à bénéfices réciproques ! Le maïs sert de tuteur pour le haricot, qui fixe l’azote de l’air enrichissant ainsi le sol. La courge, quand à elle, profite également de l’azote fournit par le haricot et grâce à ses larges feuilles conserve l’humidité du sol. Tout ceci créant des conditions favorables à la  croissance du maïs, très exigent en éléments nutritifs et en eau !
  • Les fines herbes : le thym et la sauge éloignent la piéride du chou, le basilic et le persil stimulent la croissance des tomates, la marjolaine protège les cucurbitacées des concombres
  • Haricot nain et pomme de terre : le haricot fixe l’azote, stimulant ainsi le développement de la pomme de terre, et éloigne le doryphore !
  • Les tagètes éloignent les nématodes de la tomate ou du chou.
  • La laitue et les tomates : la laitue profite de l’ombre fournit par des plantes de plus grande taille !

 

Démystifions la rotation des cultures !

La rotation des cultures est une technique permettant de maintenir le sol en équilibre et de limiter le développement et la propagation de ravageurs et de maladies.

Le principe est simple : il s’agit de ne pas planter deux fois la même plante au même endroit sur deux années consécutives (et même parfois trois ou quatre ans pour des plantes sensibles aux maladies, comme la tomate, le chou ou la pomme de terre par exemple).

Mais concrètement, en quoi cette méthode permet-elle la limitation de la propagation des ravageurs ?

De nombreux ravageurs pondent leurs œufs au niveau du système racinaire de la plante qu’ils parasitent. Ainsi, si l’on plante la même espèce que l’année d’avant au même endroit, les larves de l’insecte parasite vont directement attaquer vos plants ! Leur population va alors exploser dès le début de la saison et se propager à tout votre potager !

Comment mettre en place la rotation ?

Afin de planifier la rotation, il faut considérer deux éléments principaux : les besoins nutritifs des plantes ainsi que leur famille. En effet, les plantes appartenant à une même famille sont souvent sensibles aux mêmes parasites et maladies.

Tableau de relation entre exigence d’une plante et appartenance à sa famille
Figure 3 : Tableau de relation entre exigence d’une plante et appartenance à sa famille

Ainsi, après la culture d’une plante « exigeante », privilégiez la culture d’une plante peu exigeante et provenant d’une autre famille. Par exemple, après la plantation de tomates (plantes exigeantes de la famille des Solanacées), vous pouvez cultivez des haricots (plantes peu exigeantes de la famille des Fabacées), permettant de ré-enrichir votre sol en azote.

Démystifions les engrais verts !

Les engrais verts sont des plantes que l’on cultive afin d’enrichir, structurer, préparer, régénérer et assainir le sol, entre deux cultures.

Ils permettent de ne pas laisser le sol nu et le protègent ainsi des effets du vent et du soleil. Ils luttent également  contre le ruissellement de l’eau, le lessivage et l’érosion des sols. Leurs racines aèrent le sol et le rendent davantage perméable, favorisant les échanges d’eau et d’oxygène avec la surface.

Les engrais verts puisent dans le sol des éléments minéraux, qui vont être stockés dans la plante puis restitués au sol pour les cultures suivantes, lorsqu’ils se décomposeront. Ceci permettra de reconstituer une certaine couche d’humus, indispensable à la stabilité et à la fertilité du sol, et de favoriser l’activité biologique du sol. Ils ne sont donc pas récoltés mais laisser sur place, ou enfouis.

Grâce à leur développement rapide, ils concurrencent les plantes indésirables et les empêchent de proliférer, et peuvent même rompre le cycle de vie de certains ravageurs.

Il est donc intéressant de semer des engrais verts après la culture de plantes exigeantes !

Figure 4 : Engrais verts et rotation des cultures à Saint-Sulpice, inspiré des méthodes d’Yves Gagnon
Figure 4 : Engrais verts et rotation des cultures à Saint-Sulpice, inspiré des méthodes d’Yves Gagnon

Un cas concret à mettre en place dans votre potager : le trèfle blanc ! Deux choix de culture peuvent être envisagés :

  • Cas de cultures associées (culture de plusieurs espèces en même temps sur une même parcelle). Vous pouvez planter le trèfle entre vos légumes, deux semaines après leur plantation. De cette manière, il va permettre d’empêcher le développement d’herbes indésirables, de stimuler l’activité du sol et de limiter l’évaporation. Il deviendra ensuite un engrais vert d’automne et sera enfouis le printemps suivant.
  • Cas de la rotation de culture sur quatre ans. Il s’agit ici d’une succession de cultures. Découpez votre parcelle de manière à délimiter 4 sections bien distinctes. Dans la première section, plantez des légumes exigeants, dans la deuxième, des légumes moyennement exigeant, dans la troisième des légumes peu exigeants et dans la quatrième, du trèfle blanc. L’idée est alors de faire tourner les cultures entre elles, d’année en année.
    Un exemple de rotation des cultures sur 4 ans
    Figure 5 : Un exemple de rotation des cultures sur 4 ans

One Comment on “Démystifions les pratiques du jardinage écologique !

  1. très intéressant et utile ! merci de vos infos précieuses !

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