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Ville en vert

Semer des plantes indigènes… en hiver!

Semences en décembre

Par Marc Sardi

Penser à son jardin à ce temps-ci de l’année? Eh oui! Il est non seulement routinier pour plus d’un(e) horticulteur(trice) de s’y prendre à l’avance, c’est aussi le moment idéal pour faire des semis de plantes indigènes.

On parle de « plantes indigènes » lorsqu’on veut désigner les espèces végétales qui étaient présentes sur notre territoire avant l’arrivée des Européens. Certaines de ces espèces constituent des choix judicieux au jardin pour les raisons suivantes :

  • Elles sont très adaptées à notre climat et sont donc très rustiques;
  • Elles ont évolué durant des millénaires auprès des espèces animales de nos régions et ont développé des liens intimes avec eux. Elles possèdent donc une valeur inestimable quant au soutien à la biodiversité;
  • Elles requièrent moins d’entretien et moins de fertilisants que les variétés horticoles;
  • Certaines nous gâtent avec des floraisons spectaculaires et prolongées, d’autres sont médicinales ou nous fournissent une abondance de petits fruits;
  • Choisir une plante indigène c’est aussi célébrer notre patrimoine naturel;
  • Mais surtout, elles sont faciles à cultiver et à semer!

Toutefois, le marché des plantes indigènes n’est pas encore pleinement développé au Québec, ce qui les rend en général moins disponibles et plus couteuses que les variétés horticoles traditionnellement cultivées. C’est pourquoi nous vous recommandons de semer vos propres plantes indigènes; c’est pas cher et pas très compliqué.

D’ailleurs, la boutique l’Escale verte vous propose une sélection de semences ultralocales de plantes indigènes cultivées à Montréal. Les espèces proposées sont des vivaces très rustiques, qui tolèrent les conditions urbaines et qui attirent une multitude d’insectes pollinisateurs. Une excellente idée-cadeau pour les amants du jardinage!

Semis repiqués
Semis de verge d’or des bois nouvellement repiqués. Photo : Marc Sardi

Quoi qu’il en soit, nous déconseillons le prélèvement des plantes indigènes entières dans la nature. Cette pratique exerce une pression considérable sur les populations de plusieurs espèces vulnérables, notamment les espèces de sous-bois. Toutefois, la cueillette de semences est beaucoup moins incommodante, tant et aussi longtemps que la totalité des semences sur une même plante n’est pas récoltée. Une fois votre jardin rempli de plantes indigènes, vous aurez accès à une source inespérée de semences que vous pourrez récolter, conserver et semer à nouveau (ou offrir à vos amis!).

Dans les lignes qui suivent, nous vous proposons une marche à suivre qui vous permettra de cultiver vous-mêmes des plantes ravissantes, vigoureuses et utiles dans votre jardin à partir de semis.

Vous aurez besoin des matériaux suivants :

  • Des semences
  • Du terreau
  • Des contenants à légumes feuilles (bébé laitue, épinards, roquette, etc.) récupérés ou autres contenants à semis
  • Un crayon-feutre indélébile
  • Un vaporisateur d’eau
  • Un réfrigérateur

Les semences

Semis
Quelques semaines après leur sortie du frigo, les semences germent et les cotylédons apparaissent à la surface du substrat. À gauche, des asclépiades incarnates; à droite, des verges d’or des bois. Photo : Marc Sardi

S’il s’agit de votre première expérience, nous vous conseillons d’opter pour des espèces faciles de culture; en général, les espèces des milieux ouverts (des champs et des prés) sont beaucoup plus faciles à propager par semis que les espèces des milieux forestiers. Les vivaces herbacées sont aussi plus faciles de culture que les espèces ligneuses (arbres et arbustes) en raison de leur croissance plus rapide. La plupart des semences d’espèces végétales du Québec ont besoin d’une période froide et humide suivie d’une période chaude et humide afin que leur dormance puisse être brisée et que la germination puisse avoir lieu. On appelle ce phénomène la vernalisation. C’est pourquoi on doit soit les semer à l’extérieur à l’automne ou les semer à l’intérieur en hiver puis les placer au frigo. De retour à la chaleur du printemps (ou à la température de la pièce), les semences germeront et entameront leur croissance. La plupart des semences de plantes indigènes germeront après une période de froid humide de 30 à 90 jours (variable selon les espèces). Nous conseillons une période d’un minimum de 30 jours. Cette technique de semis au frigo se nomme stratification. Contactez-nous pour des conseils au sujet de la sélection de vos semences.

Le terreau

Le terreau à utiliser doit être stérile. Règle générale, on utilise un substrat neutre (comme la mousse de tourbe) mélangé avec un élément minéral d’aération (comme la perlite ou la vermiculite). Nous suggérons la formule suivante: 2 parts de mousse de tourbe pour une part de perlite ou de vermiculite. Il est important de ne pas utiliser de la terre provenant du jardin ou du compost car ceux-ci pourraient contenir des agents pathogènes de nature fongique qui pourraient nuire à la croissance des semis. Les terreaux d’empotage commerciaux sont normalement des bonnes options. Les terreaux à semis font aussi l’affaire, surtout dans le cas des semences de petite taille. La fibre de noix de coco peut être utilisée, mais avec précaution : cette fibre peut contenir des sels qui pourraient mettre en échec la croissance des semis. Vous pouvez vous procurer un terreau à semis en vrac d’excellente qualité à la boutique l’Escale verte.

Les contenants

Semis d'asclepiade
Quelques semaines après la germination, les premières feuilles apparaissent au-dessus des cotylédons. Ici, une jeune asclépiade incarnate prête à être repiquée. Photo : Marc Sardi

Les contenants à semis sont faciles à trouver : il suffit de jeter un coup d’œil dans votre bac de recyclage! En effet, on peut aisément récupérer des contenants en plastique transparents destinés à l’emballage de légumes feuilles « bébé » comme la laitue, les épinards et la roquette. Ces emballages alimentaires sont parfaits pour les semis, car au moment venu, ils agissent temporairement comme de véritables microserres. Il s’agit simplement de perforer le fond du contenant, pour laisser drainer l’excédent d’eau d’arrosage, ainsi que le couvercle, en guise d’aération. Bien entendu, une multitude de types de contenants peuvent être utilisés. On retrouve d’ailleurs sur le marché, des caissettes spécifiquement conçues à cette fin. Dans la mesure du possible, on utilise des contenants plus larges que profonds.

Procédure (les semis peuvent être démarrés d’octobre à février)

Humidifier le terreau puis remplir les contenants en laissant 3 à 5 cm de jeu entre la surface du substrat et le rebord du récipient. On peut tapoter les côtés du contenant ou appuyer légèrement sur la surface du substrat avec la paume de la main afin de légèrement compacter le terreau au besoin. Épandre uniformément les semences à la surface du terreau de sorte que celles-ci soient également espacées (les semences de petite taille ont tendance à être semées plus densément). Recouvrir d’une fine couche (1 à 5 mm) de terreau sec (on peut se servir d’un tamis). Arroser à l’aide d’un vaporisateur (pour ne pas brouiller la surface du terreau et déterrer les semences) jusqu’à ce que le terreau soit complètement détrempé. Refermer le couvercle préalablement perforé puis placer au réfrigérateur pour un minimum de 60 jours. Si un contenant sans couvercle est utilisé, celui-ci pourra être placé dans un sac de plastique perforé avant d’être placé au réfrigérateur.

Si vous ne disposez pas d’espace suffisant dans votre frigo, les contenants prêts à stratifier peuvent être placés à l’extérieur, en s’assurant que la neige s’accumule par-dessus, ou dans un endroit non chauffé, comme un cabanon ou une chambre froide. La température ne doit pas excéder 5oC.

N’oubliez pas de bien identifier chacun de vos contenants avec un crayon-feutre indélébile en y inscrivant l’espèce et la date de mise en terre.

Durant leur séjour au frigo, il est recommandé de périodiquement jeter un coup d’œil aux contenants afin de s’assurer que le terreau ne se dessèche pas. On peut humidifier au besoin. Il se peut également que certaines semences aient déjà germé au frigo avant que la période de froid ne soit terminée. Si toutes les semences d’un même contenant ont germé, il est préférable de retirer ce dernier du frigo afin de permettre aux semis d’entamer leur croissance (voir plus bas).

Après la période de repos au froid, les contenants à semis peuvent être retirés du frigo puis placés au bord d’une fenêtre ensoleillée (mars à avril). Une fenêtre faisant face au sud permet de meilleurs résultats. Une fois que les semences auront germé (à l’apparition des cotylédons), les couvercles devront être retirés afin de ne pas étouffer les plantules. Quelques semaines plus tard, quand les plantules auront développé leurs premières vraies feuilles, les semis devront être repiqués dans des pots individuels. Bien entendu, on doit en tout temps s’assurer de ne pas laisser le terreau s’assécher. Les jeunes plantes pourront être placées à l’extérieur au printemps (début mai) afin de s’acclimater puis transplantées au jardin par la suite. Comme il est question ici de plantes indigènes au Québec, il n’est pas nécessaire d’attendre la fameuse date des derniers gels avant de les mettre en terre, comme on le fait pour les légumes annuels (tomates, concombres et cie.).

N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions ou pour plus d’informations concernant les plantes indigènes.

En attendant le retour du printemps, nous vous souhaitons un bon succès avec vos préparatifs pour la prochaine saison horticole!

2 Comments on “Semer des plantes indigènes… en hiver!

  1. Vous valorisez deux plantes très envahissantes.. la verge d’ or et l’ asclépiade..
    On ne doit pas planter ce genre de plante près de nos maisons, surtout pas dans nos parterres. Les bordures de certains chemins, les tas de roches, les berges de certains cours d’ eau en sont envahis , .. prenez au moins des plantes normals..
    Faites-vous la promotion d’ herbicide pour s’ en débarrasser aussi..

  2. Bonjour M. Bilodeau,

    Il est vrai que certaines espèces de verges d’or (comme la verge d’or du Canada) et d’asclépiades (comme l’asclépiade commune) sont agressives et peuvent devenir envahissantes. Ces espèces doivent être réservées pour les espaces plus grands, comme les prés fleuris, où elles auront la chance de se déployer librement. Elles sont d’une importance cruciale pour les insectes pollinisateurs et en aucun cas devraient-elles être exterminées à l’aide d’herbicides. Les asclépiades sont les plantes hôtes du Monarque; sans elles, ce magnifique papillon ne pourrait pas survivre. Quant à elle, la verge d’or du Canada est une plante mellifère très importante qui fournit aux abeilles domestiques une quantité importante de nectar en fin de saison.

    Comme il existe plusieurs autres espèces de verges d’or et d’asclépiades, nous proposons la verge d’or des bois (Solidago nemoralis) et l’asclépiade incarnate (Asclepias incarnata), 2 espèces indigènes très dociles, qui ne sont pas envahissantes, tout en demeurant très attrayantes pour les pollinisateurs. Ce sont d’ailleurs celles-ci qui sont représentées dans les images ci-dessus.

    N’hésitez pas à nous contacter si vous désirez en savoir plus au sujet de la culture des plantes indigènes. Il nous fera plaisir de vous conseiller!