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Les guêpes : démystifiées et aimées

Guêpe à taches blanches (Marc Sardi)

On entend souvent dire que les abeilles sont gentilles et que les guêpes sont méchantes; que les abeilles sont indispensables et que les guêpes sont inutiles; qu’il est facile de distinguer une guêpe d’une abeille (ou le contraire!)… Vous avez une dent contre les guêpes qui tourmentent vos fins d’étés, mais vous êtes curieux d’en apprendre plus au sujet de ces insectes malaimés? Permettez-moi de dissiper quelques idées préconçues à leur sujet, de vous ouvrir une porte vers une certaine tolérance à leur égard et, qui sait, de tenter de vous faire apprécier les guêpes.

Fausses méchantes

Avez-vous déjà eu le malheur de vous faire piquer par une guêpe ou par une abeille? Dans les deux cas, la piqure est très douloureuse et on a tendance à s’en souvenir toute sa vie. Toutefois, on entend souvent dire que les guêpes sont plus agressives que les abeilles, ce qui expliquerait pourquoi on se ferait piquer plus fréquemment par les premières. Certaines personnes iront même jusqu’à dire que les guêpes sont naturellement mauvaises et qu’elles piquent sans raison et sans scrupules. Il est vrai que la majorité des piqures d’insectes possédant un dard sont associées aux guêpes, mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le fait que celles-ci sont plus agressives que les abeilles ou encore moins, qu’elles sont méchantes. La raison pour laquelle plus de personnes se font piquer par des guêpes est très simple : on est plus souvent confrontés aux guêpes qu’aux abeilles (à moins d’être apiculteur). Facile comme explication, vous dites? Très facile! La quête de nourriture est le phénomène majeur derrière ce raisonnement.

Un gout pour notre gastronomie

Les abeilles et les guêpes que l’on observe au jardin sont presque toujours à la recherche de nourriture. Elles recherchent des aliments énergétiques comme le nectar des fleurs et autres substances sucrées, mais aussi des protéines pour nourrir leur progéniture. Chez les abeilles, la source de protéine recherchée est le pollen. Quant aux guêpes, la protéine de choix provient de sources animales : les insectes et autres arthropodes, mais aussi, dans certains cas, la chair animale en décomposition et celle cuisinée par les humains. La raison principale pour laquelle nous sommes plus souvent confrontés aux guêpes est que ces dernières, en quête de glucides et de protéines, sont attirées par notre nourriture. C’est pour cette raison que l’on se fait visiter par les guêpes lors de nos piqueniques ou nos barbecues estivaux, et que nos ordures se font parfois envahir par celles-ci. Pour trouver leur nourriture (et la nôtre), les guêpes utilisent en combinaison leurs sens aiguisés de la vue et de l’odorat. Comme la nourriture sur nos tables est très diversifiée et souvent bien assaisonnée, les arômes envoutants qu’elle dégage sont parfois irrésistibles auprès de certaines espèces de guêpes qui se font littéralement saisir en plein vol par les effluves, un peu comme dans un dessin animé. La présence seule de guêpes suffit pour attirer leurs congénères qui se détectent entre elles également à la vue et à l’odorat. Notre repas en plein air devient donc rapidement très populaire et parfois, des dizaines de guêpes s’ajoutent à la fête. Cependant, il est important de mentionner que ce phénomène ne s’applique qu’à quelques espèces de guêpes sociales. Au Québec, on retrouve plusieurs centaines d’espèces de guêpes (approximativement 13 000 espèces en Amérique du Nord et plus de 100 000 dans le monde). La plupart sont des espèces solitaires (qui ne vivent pas en colonies) et ne sont pas attirées par notre nourriture. Les trois espèces principales reconnues pour leur comportement de gâche-fête des repas estivaux sont la guêpe germanique (Vespula germanica), la guêpe commune (Vespula vulgaris) et la guêpe de l’Est (Vespula maculifrons).

Guêpe germanique (Marc Sardi)
La guêpe germanique (Vespula germanica), une espèce commune aux piqueniques. Photo : Marc Sardi

Aussi, il est important de considérer que les guêpes sociales sont beaucoup plus nombreuses à la fin de l’été, d’où leur présence à nos tables en grand nombre à ce moment précis de l’année. En effet, les colonies de guêpes sociales ont un cycle annuel et repartent à zéro chaque année. Au printemps, les nouvelles reines émergent de leur hibernation (elles sont les seules de leurs colonies à survivre) et se mettent à bâtir de nouveaux nids et à fonder de nouvelles colonies en produisant des ouvrières. À mesure que la saison progresse, les colonies grandissent et les besoins énergétiques et protéiniques des nombreux individus (adultes et larves) augmentent. C’est alors, à la fin de l’été, que les colonies atteignent leur apogée et que les ouvrières en quête de nourriture nous rendent visite lors de nos repas extérieurs. Les guêpes sociales adultes de certaines espèces sont particulièrement attirées par les substances sucrées en fin de saison (nectar des fleurs, fruits très murs, breuvages sucrés, miel, etc.) en raison des besoins élevés en glucides des adultes sexués qui sont produits à cette période de l’année. Cependant, les guêpes en quête de nourriture ne sont pas conscientes de la présence des humains, car elles se concentrent sur le seul objectif de se nourrir. Donc, le vol sinueux et saccadé qu’elles démontrent près de votre visage ou de votre corps lors de leurs visites n’est pas un signe d’agression à votre égard, aussi menaçant qu’il pourrait paraitre. Ce vol en zigzag caractéristique fait plutôt partie de leur stratégie de détection d’objets et de nourriture qui leur permet de mieux analyser les distances, les images et les odeurs. Il arrive qu’après investigation de la part d’une guêpe curieuse, cette dernière se pose sur une main, une jambe, ou même sur un visage. Il s’agit là d’une simple pause pour humer davantage la surface d’atterrissage inconnue. À ce moment, la guêpe n’a aucune intention de piquer qui que ce soit. Par contre, si on tente de l’écraser ou de la frapper et qu’elle a le malheur de ressentir un stimulus de douleur ou une sensation de coincement, c’est alors que son attitude de défense sera déclenchée et qu’elle pourrait certainement tenter une piqure. Toutefois, si on garde notre sang-froid et qu’on laisse la guêpe terminer son investigation paisible, elle quittera les lieux éventuellement, n’ayant pas trouvé de butin intéressant à rapporter au nid.

Voici quelques conseils pour vous aider à mieux profiter de la belle saison tout en diminuant les risques de situations malencontreuses impliquant les guêpes :

  • Concentrer les repas extérieurs en première partie de la belle saison (mi-mai à mi-juillet), les guêpes sont nettement moins nombreuses à cette période de l’année.
  • Garder les aliments dans des contenants fermés lors de repas extérieurs pendant la saison où les guêpes sont nombreuses (de la mi-juillet à la mi-septembre).
  • Bien inspecter les aliments ou les boissons que l’on ingère lorsqu’on est à l’extérieur durant la saison où les guêpes sont nombreuses afin d’éviter une bouchée ou une gorgée qui pourrait contenir une guêpe vivante.
  • Ne pas laisser les ordures à l’extérieur ou les placer dans une poubelle ou un bac avec couvercle.
  • Si vous cultivez des arbres fruitiers ou des vignes (pomme, poire, prune, raisin), cueillir tous les fruits dès qu’ils sont prêts et éviter qu’ils s’amassent au sol, ce qui pourrait attirer les guêpes.
  • Éviter de marcher pieds nus dans la pelouse, certaines espèces de guêpes nichent dans le sol, d’autres chassent les insectes qui se cachent dans le gazon.
  • Éviter d’écraser une guêpe, car cette dernière, meurtrie ou même morte, pourrait émettre un signal chimique d’alarme qui risque d’attirer ses congénères.
Guêpe à tache blanche 3 (Marc Sardi)
Guêpe à taches blanches (Dolichovespula maculata) à la chasse dans une pelouse. Attention aux pieds nus! Photo : Marc Sardi

Des colonies sur la défensive

Un second facteur responsable d’engendrer des piqures de guêpes est le comportement de défense que les espèces sociales exhibent lorsqu’une menace à leurs colonies se présente. Lorsqu’une personne ou un animal s’approche de trop près d’un nid de guêpes actif, le frôle, le dérange volontairement ou accidentellement ou se met à faire des mouvements amples et brusques à proximité, le mécanisme de défense de la colonie s’enclenche et les ouvrières s’activent dans le but d’attaquer l’agresseur. Ce comportement agressif n’a normalement rien à voir avec la recherche de nourriture et s’applique à toutes les espèces de guêpes sociales (une quinzaine d’espèces au Québec), pas seulement les trois espèces précédemment mentionnées. En fait, ce phénomène est commun à toutes les espèces d’insectes vivant en société, comme les abeilles domestiques, les bourdons et les fourmis. Les colonies de bourdons s’installent généralement dans des endroits discrets (sous terre, près du sol ou dans des anfractuosités) et il est plus rare de les rencontrer. Quant à elles, les colonies d’abeilles domestiques se retrouvent presque exclusivement dans des ruches aménagées par des apiculteurs. Donc, à moins de visiter un rucher, il est également peu probable de tomber nez à nez avec une colonie d’abeilles domestiques. Cela dit, les abeilles sociales (bourdons et abeille domestique) défendront tout aussi agressivement leur colonie si on dérange accidentellement ou non le nid, ce qui ne les rend pas nécessairement plus « gentilles » que les guêpes. À noter que les guêpes et les abeilles sociales peuvent être plus agressives par temps chaud et humide, surtout près du nid.

Les nids des guêpes sociales que l’on observe le plus souvent sont ceux construits par la guêpe à taches blanches (Dolichovespula maculata) et la guêpe jaune (Dolichovespula arenaria). Ceux-ci ont l’apparence de gros ballons de papier gris et sont souvent suspendus aux branches d’arbres ou d’arbustes, ou installés sous un auvent ou une corniche. Par ailleurs, les nids des espèces communément attirées par notre nourriture (du genre Vespula), sont construits généralement dans des cavités souterraines, dans des anfractuosités naturelles ou parfois même dans le mur ou le toit d’une maison si elles parviennent à y pénétrer. D’autres espèces, comme les polistes, construisent de petits nids ayant l’apparence de parasols inversés dans des endroits protégés comme les cadres des fenêtres. La plupart des espèces sociales récoltent de la pulpe de bois qu’elles mastiquent et mélangent à leur salive et qui est utilisée comme matériau de construction pour construire la structure de leur nid, qu’il soit aérien ou souterrain. Une fois façonnée et séchée, la pulpe de bois prend l’apparence de papier gris.

Guêpe
Nid de la guêpe à taches blanches. Photo : The High Fin Sperm Whale

Si vous découvrez un nid de guêpes actif sur votre propriété, cela ne veut pas nécessairement dire que vous devrez systématiquement l’éliminer. Les guêpes qui y habitent sont d’une importance cruciale pour l’équilibre de l’écosystème de votre jardin, comme nous le verrons plus loin dans cet article. Si le nid est situé dans un endroit reculé du terrain et peu fréquenté par les humains, ce dernier et ses résidentes ne devraient pas constituer un danger ou une nuisance. Cependant, si le nid est situé dans un endroit où le passage par les humains est élevé, près de la maison ou dans la structure de celle-ci, le nid pourrait présenter un danger et devrait être éliminé. Dans ce cas-ci, je conseille toujours fortement de faire appel à un professionnel pour cette opération délicate qui pourrait s’avérer désastreuse si entreprise par quelqu’un dont la technique ne lui est pas familière. Si le nid est maintenu en place au jardin, assurez-vous de bien identifier son emplacement (en faisant attention de ne pas trop s’en approcher) afin que vous et vos proches puissiez maintenir une distance sécuritaire en tout temps. Si par mégarde, vous dérangez un nid de guêpes (ou d’abeilles) actif et que ses occupantes semblent réagir, la meilleure chose à faire est de fuir les lieux le plus rapidement possible, de vous protéger le visage et de vous réfugier à l’intérieur. Consultez ce lien pour connaitre la démarche à suivre en cas de piqure par une guêpe ou par une abeille.

Inutiles ou indispensables?

Le rôle essentiel des abeilles, en ce qui concerne la pollinisation, est bien connu et bien documenté. Qu’en est-il du rôle des guêpes au sein des écosystèmes? Sont-elles aussi indispensables que leurs cousines végétariennes? Absolument! Comme mentionné plus tôt, les guêpes visitent les fleurs pour y récolter le nectar, particulièrement en fin d’été. Ce faisant, elles contribuent à la pollinisation de plusieurs espèces de plantes, dont certaines ont une importance économique pour les humains, comme la carotte, le fenouil et la framboise.

Guêpe
Les guêpes contribuent à la pollinisation de plusieurs espèces de plantes. Photo : Marc Sardi

Toutefois, si les guêpes n’accotent pas les abeilles dans leur rôle en tant que pollinisatrices, elles sont d’une importance cruciale au sein des écosystèmes en raison de leur fonction capitale en tant que prédateurs. En effet, les guêpes contribuent à contrôler les populations d’une multitude d’espèces d’insectes et d’araignées, dont plusieurs sont considérées nuisibles, comme les chenilles d’insectes défoliateurs et les pucerons. Par ailleurs, certaines espèces de guêpes solitaires sont des spécialistes et ne chassent qu’un seul type d’arthropode. C’est le cas de la pélopée maçonne (Sceliphron caementarium), une guêpe solitaire d’allure imposante spécialisée dans la chasse aux araignées. Quant à elle, la guêpe des sables (Bembix sp.), une autre guêpe solitaire, se spécialise dans la chasse aux mouches. À noter que, contrairement aux guêpes sociales, les guêpes solitaires ne protègent pas leur nid, ne sont pas agressives et ne représentent pas un danger si elles nichent dans un endroit très fréquenté par les humains.

Pélopée maçonne (Marc Sardi)
La pélopée maçonne (Sceliphron caementarium), une spécialiste de la chasse aux araignées. Photo : Marc Sardi
Bembix. Photo : Alvesgaspar
La guêpe des sables (Bembix sp.), une spécialiste de la chasse aux mouches. Photo : Alvesgaspar

Distinguer les guêpes des abeilles

Vous êtes prêts à faire un petit effort pour tolérer la présence de guêpes, mais vous souhaitez au préalable savoir comment les reconnaitre? Tout à fait louable! Toutefois, il est important de ne pas généraliser quand vient le temps d’expliquer, par exemple, la différence entre une guêpe et une abeille. Si on recherche cette explication sur internet, on trouvera presque systématiquement les différences entre l’abeille domestique et les guêpes du genre Vespula (le fameux trio d’espèces de fin d’été), comme la guêpe germanique. Dans ce cas précis, on note la livrée typiquement bariolée noir et jaune et imberbe de la guêpe comparée à la toison velue de couleur ambrée de l’abeille domestique. On note également, entre autres, les antennes et les pattes plus longues chez la guêpe. En ce qui concerne les centaines d’autres espèces de guêpes et d’abeilles que l’on retrouve au Québec, l’affaire se complexifie et les différences mentionnées ci-dessus ne s’appliquent plus autant. Il est vrai que les guêpes sont en général moins poilues que les abeilles. Par contre, la livrée bariolée noir et jaune est loin d’être universelle chez les guêpes. D’ailleurs, plusieurs espèces communes dans nos contrées arborent des couleurs très variées comme le noir, le brun, le bleu métallique et l’orangé.

Abeille cotonnière (Marc Sardi.)
L’abeille cotonnière (Anthidium sp.) aux couleurs typiques d’une guêpe. Photo : Marc Sardi

De plus, plusieurs espèces d’abeilles d’ici possèdent des caractéristiques typiquement retrouvées chez les guêpes. Certaines, comme l’abeille cotonnière (Anthidium spp.) est rayée noir et jaune. D’autres, comme l’abeille masquée (Hylaeus spp.) est pratiquement dépourvue de poils. Pour ce qui est de la « taille de guêpe », il est notable de mentionner que ce caractère n’est pas unique aux guêpes. En effet, toutes les espèces d’abeilles la possèdent, mais elle est souvent camouflée par les poils ornant le corps de ces dernières.

Abeille masquée (Marc Sardi)
L’abeille masquée (Hylaeus sp.), une espèce pas typiquement velue comme les autres abeilles. Photo : Marc Sardi

En réalité, les abeilles et les guêpes ne sont pas si différentes. Elles sont si apparentées au niveau génétique que l’on pourrait même dire que les abeilles ne sont nul autre que des guêpes végétariennes. En effet, un des seuls caractères propres aux abeilles par rapport aux guêpes est leur préférence alimentaire qui, contrairement à leurs cousines carnivores, se limite principalement au pollen et au nectar des fleurs. Si on examine l’arbre phylogénétique (un genre d’arbre généalogique) du groupe qui englobe les abeilles et les guêpes (l’ordre des Hyménoptères), on constate que les abeilles (et les fourmis) sont issues de la même lignée que les guêpes. On s’aperçoit également que dans le groupe des abeilles (les Apoïdes), on retrouve… des guêpes! Fascinant, n’est-ce pas?

Graphique guêpes
Arbre phylogénétique démontrant les liens de parentés entre les abeilles et les guêpes.

Quoi qu’il en soit, les guêpes constituent une partie intégrante de la biodiversité. Lorsqu’on met de côté nos idées préconçues et nos préjugés et qu’on prend le temps de les observer, on remarque leur beauté, leur diversité, leur utilité et leur comportement fascinant. Elles possèdent une emprise remarquable sur notre curiosité et nous leur devons le plus grand respect. Justement, le mois de septembre est la période idéale pour les admirer. Alors, ouvrez l’œil – et gardez l’esprit ouvert!

Pour plus d’information au sujet de la biodiversité urbaine, contactez-nous!

Par Marc Sardi, chargé de projet Biodiversité urbaine

Sources

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http://espacepourlavie.ca/piqures-dabeille-guepe-ou-bourdon

https://www.gov.mb.ca/agriculture/crops/production/pubs/raspberry-pollinators.pdf

Du pollen pour les abeilles, mais pas pour votre nez : les allergies saisonnières démystifiées

 

Vous souffrez d’allergies saisonnières, mais vous aimez aussi les fleurs? Cet article est pour vous! On voit souvent défiler à la télévision, sur internet et dans les magazines, des publicités de médicaments antihistaminiques contre les allergies illustrant un jardin fleuri, un bouquet de fleurs ou des graines de pissenlits avec une personne souffrant visiblement d’un quelconque symptôme des voies respiratoires des plus désagréables. Sottises! Saviez-vous que le pollen des fleurs visibles et colorées n’est que très rarement associé aux allergies? Que les graines de pissenlits, aussi chatouilleuses pour le nez qu’elles en ont l’air, ne sont guère responsables de vos éternuements saisonniers? Sachez plutôt ceci : en général, seuls les pollens de certaines plantes pollinisées par le vent sont responsables de causer des symptômes d’allergies respiratoires. Au Québec, les principales plantes connues pour causer le rhume des foins sont l’herbe à poux, les chénopodes, les orties, les armoises, les amarantes, certains arbres feuillus (ormes, bouleaux, peupliers, chênes, caryers, érables, saules, frênes) et, tenez-vous bien, le gazon.

La petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia), la plante causant la majorité des allergies respiratoires au Québec. Photo : Andrew Butko
La petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia), la plante causant la majorité des allergies respiratoires au Québec. Photo : Andrew Butko

Ma pelouse… allergène?

Oui, oui! Votre pelouse adorée est une source d’allergènes pour bien des gens. D’ailleurs, 40% des allergies saisonnières sont causées par le pollen des graminées (les plantes que l’on nomme aussi les herbes ou les gazons). Les graminées les plus allergènes incluent les fléoles, les dactyles, les fétuques, les ivraies et les pâturins. Les trois dernières sont d’ailleurs les types que l’on retrouve le plus souvent sur les pelouses. Toutefois, les graminées de la pelouse relâchent leur pollen que lorsque celles-ci poussent assez haut pour former leurs inflorescences : des petits épis qui rappellent un peu ceux du blé (une graminée lui aussi). Il est donc important, si on cultive une pelouse principalement composée de graminées, de la tondre fréquemment. Il faut toutefois préciser qu’une pelouse maintenue trop courte pourrait devenir un terrain propice à l’herbe à poux (Ambrosia spp.), la plante responsable de causer la majorité des cas d’allergies respiratoires chez les Québécoises et Québécois. Cette dernière prolifère dans les milieux perturbés et dénudés de végétation et se plait parfaitement bien dans une pelouse maintenue trop courte où les graminées, pratiquement effeuillées par la tondeuse, ont tendance à s’affaiblir.  Par contre, elle est sensible à la compétition : plus elle est entourée de végétation haute et dense, moins elle est capable de développer ses inflorescences porteuses de pollen. Bien compliqué cette histoire de pelouse : trop haute, elle devient allergène; trop courte, elle favorise l’établissement de l’herbe à poux… Sans mentionner que l’entretien d’une pelouse est fastidieux et pas très économique en ce qui concerne la saine gestion de l’eau.

Inflorescences du pâturin des prés (Poa pratensis), une graminée très commune dans les pelouses.
Inflorescences du pâturin des prés (Poa pratensis), une graminée allergène très commune dans les pelouses. Photo : Matt Lavin

Tout est dans la gravité

Alors, pourquoi ne pas remplacer sa pelouse par des plantes vivaces portant de jolies fleurs? Certainement pas à cause des allergies! Comme mentionné plus haut, les fleurs voyantes, comme les roses, les tulipes et les marguerites, ne sont pas reconnues comme étant des sources importantes de pollen allergène, même si on retrouve à l’occasion le pollen de certaines espèces en petites quantités dans l’atmosphère. La raison est simple : le pollen des fleurs portant des pétales développés et colorés est normalement trop lourd pour être aéroporté (transporté dans l’air). Ces fleurs se font une beauté pour séduire les insectes pollinisateurs. Ces derniers, comme les nombreuses espèces d’abeilles, sont attirés par les couleurs et les motifs des fleurs et s’y posent pour en extraire de la nourriture : le nectar et le pollen. Le nectar est une source d’énergie et le pollen constitue l’apport en protéines pour les jeunes abeilles. Si ce pollen était assez léger pour être diffusé à profusion dans l’air, les abeilles auraient bien du mal à le récolter!

Bourdon récoltant du pollen sur une échinacée. Photo : Marc Sardi
Bourdon récoltant du pollen sur une échinacée. Photo : Marc Sardi

Des fleurs faussement accusées

Vous avez peut-être déjà entendu dire que si on est allergique au pollen de l’herbe à poux, on le sera également à celui de toutes les plantes de la même famille, en l’occurrence les astéracées : la famille du tournesol, du pissenlit, de l’aster et de la verge d’or. Ces plantes sont aussi généralement pollinisées par les insectes. En effet, il est possible qu’une personne allergique au pollen de l’herbe à poux puisse l’être à celui des plantes de la même famille. Toutefois, il faudrait que cette personne renifle directement le pollen de ces dernières pour en subir les effets, celui-ci étant normalement trop lourd pour flotter dans les airs jusqu’à ses narines. Par exemple,  la verge d’or (Solidago spp.) est bien trop souvent accusée pour causer le rhume des foins quand la vraie coupable est l’herbe à poux.  Les deux plantes fleurissent au même moment de l’année (soit du début du mois d’aout jusqu’à la mi-octobre), mais les fleurs de la verge d’or sont nettement plus voyantes et donc bien plus faciles à blâmer. Le tournesol (Helianthus spp.) est aussi pollinisé par les insectes et produit un pollen qui n’est pas normalement aéroporté. Toutefois, des études européennes ont démontré que des ouvriers travaillant sur des fermes où l’on cultive intensivement le tournesol avaient développé des symptômes d’allergies respiratoires en raison de l’importante manipulation des plantes au champ. À noter que certaines personnes peuvent aussi avoir une réaction allergique, autre que respiratoire, en touchant ou en ingérant le pollen ou d’autres parties de plantes reconnues comme étant allergènes.

Un champ de verges d'or : des plantes trop souvent accusées de causer des allergies respiratoires. Photo : Marc Sardi
Un champ de verges d’or : des plantes trop souvent accusées de causer des allergies respiratoires. Photo : Marc Sardi

Cultivons allègrement!

Conclusion : de façon générale, on peut s’adonner à la culture des fleurs même si l’on souffre d’allergies saisonnières. Nous suggérons d’opter pour des espèces favorisant la biodiversité, par exemple les plantes indigènes. Plusieurs espèces indigènes offrent une floraison spectaculaire, prolongée et haute en couleur, tout en attirant une multitude d’insectes pollinisateurs comme les abeilles et les papillons. Pour en citer quelques exemples, notons les verges d’or, les asters, les asclépiades, les rudbeckies et les eupatoires. Petit conseil : plantez dense et diversifié, vous encouragerez ainsi une compétition féroce contre les plantes allergènes comme l’herbe à poux et la pelouse.

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Par Marc Sardi, chargé de projet Biodiversité urbaine

Sources :

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Chats et biodiversité ne font pas bon ménage

Chat

Je suis un amoureux des chats. J’en ai moi-même deux, qui me mènent parfois par le bout du nez. Je suis aussi un amant de la nature, des oiseaux, des insectes. D’ailleurs, mon travail consiste, entre autres, à sensibiliser les citoyennes et les citoyens à la présence des créatures sauvages en ville et à promouvoir leur appréciation et leur protection. Lire la suite

Nourrir les animaux sauvages en ville : mythes et réalités

On me pose souvent la question suivante : Est-ce bien ou mal de nourrir les animaux sauvages? Il s’agit là d’une question très importante qui se doit d’être débattue, aussi nuancée que la réponse puisse l’être, surtout lorsqu’elle s’applique dans un contexte urbain. Alors? Bien ou mal? Lire la suite

Observer la faune des neiges… en tout respect!

Harfang des neiges

Une promenade hivernale en nature permet parfois de faire des observations fauniques mémorables. Des oiseaux spectaculaires du Grand-Nord viennent fréquemment passer l’hiver parmi nous afin de profiter des ressources alimentaires variées du Sud. C’est le cas notamment du Harfang des neiges, l’emblème aviaire du Québec. Lire la suite