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L’herbe à poux: la reconnaître et la contrôler

L’herbe à poux est une plante indigène envahissante qui provoque des allergies saisonnières en raison de son pollen. Selon Santé et service sociaux Québec, l’herbe à poux est responsable de près de 75 % des allergies saisonnières liées au pollen dans le nord-est de l’Amérique du Nord et affecterait un Québécois sur dix.

De plus, la zone d’influence d’un plant d’herbe à poux serait entre 300 et 1000 m selon une étude menée en 2008 par la Direction de santé publique de Montréal. C’est pourquoi il est important de contrôler cette plante envahissante.

Herbe à poux ou herbe à la puce ?

L’herbe à poux et l’herbe à la puce sont deux plantes distinctes qui causent des réactions très différentes pour l’humain. Pourtant, les gens ont tendance à confondre les deux. Ces deux plantes ne se ressemblent pas et n’ont pas le même irritant pour l’humain :

  • L’herbe à la puce provoque des démangeaisons et irritations vives et sévères chez la majorité des gens. Il faut donc éviter de la toucher et laver les vêtements rapidement s’ils entrent en contact avec la plante. C’est une plante vivace.
  • L’herbe à poux, quant à elle, peut être manipulée en tout temps. Comme mentionné précédemment, elle provoque des allergies à cause de son pollen. C’est une plante annuelle.
Gauche: plants d’herbe à poux, photo par Louis-Marie Poissant
Droite: feuille d’herbe à la puce, photo par David J. Stang

Pour en savoir plus sur l’herbe à la puce, vous pouvez consulter ici un document comparatif publié par Nature-Action Québec.

Reconnaître l’herbe à poux

L’herbe à poux est très abondante dans le sud du Québec et à Montréal. Sa floraison, qui cause la libération du pollen allergène, se fait à partir de la mi-juillet jusqu’en septembre. Un plant peut produire jusqu’à 3000 graines qui peuvent survivent environ 40 ans dans le sol. C’est une plante qui recherche le soleil et qui aime les sols pauvres, arides, compacts et perturbés. On la retrouve donc dans les bordures de trottoirs, les remblais, les terrains vagues, les terre-pleins et les sols à nu. Ces endroits sont souvent des endroits difficiles à coloniser pour les autres plantes. C’est une plante qui n’aime pas la concurrence et qui disparaît lorsqu’un couvert végétal est bien établi.

G: Feuille d’herbe à poux, photo par Lorie-Aude Grenier
D: Feuille de carotte sauvage, photo par Vatadoshu, Wikimedia Commons

Plusieurs indicateurs permettent de reconnaître l’herbe à poux. Elle possède des feuilles qui ressemble aux feuilles de carotte sauvage, c’est-à-dire qu’elles sont découpées et d’un vert uniforme des deux côtés de la feuille. Par contre, les feuilles d’herbe à poux partent d’une tige principale poilue alors que les feuilles de la carotte sauvage sortent du sol comme une fougère. Les fleurs mâles de l’herbe à poux, soit celles qui produisent le pollen, sont en forme d’épis. Le plant peut atteindre une hauteur variant entre 5 et 200 cm.

G: Petit plant d’herbe à poux, photo par Lorie-Aude Grenier
M: Tige poilue d’herbe à poux, photo par Lorie-Aude Grenier
D: Fleur mâle, photo par Meneerke Bloem, Wikimedia Commons

Contrôler l’herbe à poux

Les deux méthodes de contrôle les plus souvent recommandées et les moins coûteuses sont la tonte et l’arrachage manuel de la plante.

La tonte

La tonte permet de réduire l’impact du pollen allergène sur la population affectée. Le gouvernement du Québec recommande de tondre les plants deux fois durant l’été. Une première fois à la mi-juillet, période de début de floraison de la plante pour éviter la propagation de son pollen et une deuxième fois environ un mois plus tard, à la mi-août. Cette méthode permettrait de diminuer le nombre de plants d’herbe à poux, de diminuer la concentration de pollen dans l’air ainsi que de réduire la sévérité des symptômes d’une allergie à l’herbe à poux. Selon Agriculture et Agroalimentaire Canada, cette méthode permettrait de diminuer par 9 la quantité de pollen produite par plant et de réduire par 5 le nombre de graines produites. Cependant, cette méthode ne règle pas complètement le problème. Les plats produisent tout de même des graines et reviendront années après années.

L’arrachage manuel

L’arrachage manuel est simple, écologique et très efficace pour contrôler l’herbe à poux. Cette méthode est consommatrice en temps, surtout sur de grands terrains colonisés par l’herbe à poux. De plus, l’arrachage de l’herbe à poux doit être fait avant la période de floraison, soit avant la mi-juillet pour être plus efficace et éviter la production des graines qui resteront longtemps dans le sol. Il est recommandé de mettre les plants arrachés aux poubelles avec la terre venant avec les racines qui pourrait contenir des graines. Il ne faut surtout pas mettre les plants dans le compost où les graines pourraient survivre et se propager sur un autre terrain non colonisé.

L’herbe à poux – Ça s’arrache!

Éradiquer l’herbe à poux

Par contre, si l’on veut éradiquer pour de bon l’herbe à poux de sa propriété, il est recommandé de combiner les méthodes de contrôle avec des méthodes de prévention. Les deux méthodes sont le recouvrement des sols par des matériaux comme la pierre concassée ou le paillis et l’implantation d’un couvert végétal compétitif à l’herbe à poux.

Si l’on opte pour la première solution, il faut s’assurer que les morceaux de pierre ou de bois seront plus petits que 7 cm pour être réellement efficace. Malheureusement, ce n’est pas le cas de la majorité des paillis vendus en grande surface. De plus, le paillis devra être remplacé tous les deux ans. Il n’est pas recommandé d’utiliser cette méthode sur de grands espaces.

La deuxième option permet de rivaliser avec les plants d’herbe à poux. En plus d’être esthétique et de favoriser la biodiversité, l’implantation d’un couvert végétal serait très efficace à long terme et éviterait de devoir intervenir dans le futur sur le site recouvert. Il est possible d’implanter les nouvelles plantes par l’ensemencement ou par la plantation de jeunes plants. De nombreuses plantes pourront être choisies, cependant, il faudra s’assurer que les plantes choisies sont résistantes au piétinement pour les espaces où l’achalandage est grand.


Sources

Agriculture et agroalimentaire Canada (2011) Les effets de la coupe sur la production de pollen et de graines chez l’herbe à poux [en ligne] Consulté sur http://www5.agr.gc.ca/resources/prod/doc/pmc/pdf/fs_herbe-a-poux_fra.pdf le 12 juin 2018

Bonneau, L. (novembre 2017) Stratégie d’éradication de l’herbe à poux dans les parcs de  l’arrondissement CDN-NDG.

Direction de la santé publique de Montréal (2008) Herbe à poux et allergieschez les enfants de l’île de Montréal [en ligne] Consulté sur https://santemontreal.qc.ca/fileadmin/fichiers/population/sante-a-z/herbe_a_poux/herbeapoux_allergie.pdf le 12 juin 2018

Espace pour la vie Montréal (s. date) Herbe à poux ou herbe à la puce? [en ligne] Consulté sur http://m.espacepourlavie.ca/herbe-poux-ou-herbe-la-puce le 12 juin 2018

Gouvernement du Québec (2016) GUIDE DE GESTION ET DE CONTRÔLE DE L’HERBE À POUX et des autres pollens allergènes [en ligne] Consulté sur http://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2016/16-244-04W.pdf le 12 juin 2018

Nature-Action Québec (s. date) L’herbe à poux et l’herbe à la puce… Ce n’est pas pareil… [en ligne] Consulté sur http://www.nature-action.qc.ca/site/sites/default/files/documents/herbe_a_poux_et_herbe_a_puce.pdf le 12 juin 2018

Nature-Action Québec (s. date) Enrayer l’herbe à poux sur son terrain… une question de santé! [en ligne] Consulté sur http://www.nature-action.qc.ca/site/FAQ/herbe_a_poux le 12 juin 2018

Santé et service sociaux Québec (s. date) Herbe à poux et autres pollens allergènes [en ligne] Consulté sur http://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/sante-environnementale/pollens/herbe-a-poux/ le 12 juin 2018

Lutte écologique aux insectes ravageurs

Interdits dans les jardins communautaires parce qu’ils sont dangereux pour la santé humaine et animale, les insecticides chimiques sont également néfastes pour la biodiversité. Étant non sélectifs, ils tuent les insectes utiles autant que les ravageurs et ouvrent ainsi la porte à de plus grandes invasions. On leur préférera des méthodes de lutte écologiques, à commencer par l’adoption de pratiques qui favorisent un contrôle naturel des insectes nuisibles.

PRATIQUES CULTURALES

Favoriser la biodiversité végétale

On plante plusieurs variétés de plantes potagères, de fines herbes et de fleurs vivaces ou annuelles pour créer un environnement diversifié qui attire les insectes auxiliaires (coccinelles, guêpes, araignées…), repousse certains ravageurs ou rend le repérage de leurs plantes favorites plus difficile.

Favoriser la biodiversité faunique

À l’échelle du jardin, on installe des hôtels à insectes, des cabanes et mangeoires à oiseaux, des abris pour chauve-souris, couleuvres et crapauds qui se nourrissent eux aussi d’insectes nuisibles.

Variétés résistantes

Les plantes malades étant plus vulnérables aux insectes, on choisit des variétés résistantes aux maladies.

La bonne plante au bon endroit

On tient compte des besoins d’ensoleillement, d’humidité, d’espacement et de type de sol pour chaque plante dans la planification de son potager.

Rotation des cultures

On évite de cultiver la même plante au même endroit d’année en année. En changeant chaque année l’emplacement des plantes, on brise le cycle de vie des ravageurs et on permet au sol de se régénérer.

Fertilisation écologique

On privilégie les engrais naturels (compost, fumier, algues liquides). On évite les engrais de synthèse, qui nuisent à la vie du sol et on évite les excès d’engrais azotés, qui rendent les plantes plus attirantes pour les pucerons.

Arrosage

Les plantes en stress hydrique étant plus vulnérables aux insectes et aux maladies, on arrose moins souvent, mais en profondeur, préférablement le matin.

MOYENS DE CONTRÔLE

Cueillette manuelle

C’est la technique la plus simplequi s’applique notamment à la chrysomèle du concombre, au doryphore, au scarabée japonais, aux larves de la piéride du chou et de la tenthrède du rosier, aux vers gris, aux limaces et aux escargots. Une fois qu’on a bien identifié l’ennemi, on ramasse à main nue (ou gantée!) les bestioles ou leurs œufs en les faisant tomber dans un contenant d’eau savonneuse.

Lutte mécanique

On pulvérise un jet d’eau puissant sur les parties d’une plante infestées de pucerons. On peut aussi les tailler si cela ne nuit pas à la croissance de la plante.

Barrières physiques

Les couvertures flottantes ou agrotextiles laissent passer l’eau et l’air, mais pas les insectes. On les utilise en début de saison pour les jeunes plants contre les mouches du chou, de la carotte et de l’oignon, la chrysomèle rayée, l’altise et piéride du chou. On les retire pour permettre la pollinisation.

Couvertures flottantes/agrotextiles

Pièges et appâts

On attire et attrape les altises, aleurodes et chrysomèles avec des pièges collants de couleur jaune. On attrape les piérides du chou avec un filet à papillons. On attire les scarabées japonais avec un piège à phéromones.

De gauche à droite : Rouleau de papier journal humide, Filet à papillon, Piège collant,  Piège à scarabée, Savon insecticide

Insecticides à faible impact

Comme ils peuvent aussi tuer les insectes utiles, on n’utilise les insecticides naturels qu’en dernier recours. On privilégie les produits à faible impact comme les savons insecticides. À noter que ces derniers n’ont aucun effet préventif. Ils agissent par contact, c’est-à-dire qu’ils doivent toucher les insectes pour être efficaces. Pour éviter de tuer les pollinisateurs, on les utilise seulement quand il n’y a pas de fleurs, ou à défaut, le soir, lorsque ces alliés du jardinier sont au repos.


par Hélène Cossette


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