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Ville en vert

Le plastique 2/2

Dans un précédent article, nous avons découvert le plastique, sa fabrication, son utilisation et ses chiffres.

Il est temps d’approfondir le sujet et d’en (re)découvrir les effets sur la nature et l’homme. Lorsqu’on parle de la période d’utilisation du plastique avant qu’on ne le jette, on parle de « vie utile » du plastique. Mais justement, qu’advient-il de lui une fois « inutile » ? 

Le plastique, la nature, les océans et nous 

Le plastique est partout, et surtout dans la nature et dans les océans. Dans la première partie de l’article, on estimait à près de 5 milliards de morceaux de plastique déjà présent dans l’océan et 8 millions de tonnes qui s’y rajoutent chaque année. Avec autant d’objets non naturels dans nos océans et dans la nature, il y a forcément des conséquences.  

Oui mais au pire on a qu’à les ramasser et à les recycler non ?

Si seulement c’était si simple ! Pour les déchets dans la nature, une grande épopée commence et prend généralement fin dans l’eau ! 80 % des déchets observés dans les océans proviennent des continents, le reste des activités en mer. (Expédition 7e continent, s.d.). Les déchets sont souvent emportés par le vent vers des bouches d’égouts qui se déversent, avec chance, dans des centres d’épuration où des grilles arrêteront les gros morceaux. Cette méthode n’est pas infaillible et les plus petits morceaux peuvent s’en échapper. Toutefois, il y a aussi des cas où les déchets s’envolent vers des cours d’eau qui les apporteront à terme vers l’océan. De là, les vagues, les courants marins et autres tourbillons appelés gyres dispersent et acheminent les déchets loin de leur lieux de départ.Cette vidéo nous explique le fonctionnement de ces gyres et comment les déchets se font emporter rapidement au même endroit. On parle même de plusieurs iles flottantes qui se seraient constituées exclusivement de plastique apporté de partout par les gyres.  

Illustration des îles de plastiques créés par les gyres – Source : Radio-Canada

Oui mais ça flotte non ? 

Ce n’est pas toujours vrai ! Certains flottent, mais beaucoup coule aussi et parfois à des profondeurs extrêmes, une étude de l’université de Newcastle a trouvé des microfibres de plastique dans l’estomac de créatures… à plus de 11 km de profondeur ! (novethic, 2020). On en déduit donc que le plastique, sous toutes ses formes, et toutes ses tailles, micro ou macro, se retrouve partout, même là où l’humain ne va pas.  

Le problème se complexifie encore plus lorsque nous savons que le plastique se dégrade sous l’effet des rayons UV, jusqu’à avoir une microtaille (moins de 5 mm). Ces produits sont appelés microplastique et sont presque invisibles à l’œil nu, car le plastique se brise en morceaux mais ne disparait jamais. La dégradation en morceaux peut d’ailleurs prendre beaucoup de temps, on estime à 450 ans pour une bouteille d’eau (365 reusable, s.d.)  

Partant de ce fait, le plastique flotte dans l’océan sous forme de minuscules particules dans toutes les profondeurs de l’océan. C’est alors que débute le problème de la bioaccumulation, il s’agit de la capacité d’un être vivant à absorber et accumuler dans son organisme des substances chimiques (Wikipédia, s.d.). Puisque la nature est faite de chaine alimentaire, regardons cela d’un peu plus près sur l’image suivante.  

Bioaccumulation

Les premiers maillons de la chaine alimentaire vont se nourrir des microplastiques, car ils vont les confondre avec de la nourriture puis eux-mêmes vont se faire manger par le prochain maillon jusqu’au dernier maillon qui se retrouvent souvent être… l’humain.  

Rappelons que le principe de bioaccumulation est le même pour tout polluant qui serait ingéré aussi bien en mer que sur terre.  

Medasset.org – Mediterranean association to save the sea turtles

Les plus gros morceaux de plastique peuvent eux aussi être ingérés par des animaux et s’accumuler dans leur estomac jusqu’à causer leur mort (photo tristement célèbre).  

Bon, et nous alors ? 

Et si vous vous dites qu’au moins, l’eau que l’on voit est épargnée, c’est malheureusement faux. Une étude a démontré que 83 % des échantillons qu’elle a analysé dans une douzaine de pays étaient contaminés aux fibres plastiques qui proviennent de nos habits (novethic, 2020). Une étude de l’université de Gand en Belgique a démontré que les consommateurs de produits issus de la mer ingéraient jusqu’à 11 000 microparticules de plastique chaque année ! (novethic, 2020).  

Le rapport de WWF en partenariat avec l’université de Newcastle en 2019 a conclu en moyenne qu’une personne ingérait approximativement 5 grammes de plastique par semaine (Université de Newcastle, WWF, 2019).  

On pourrait alors résumer que nous mangeons le plastique que nous jetons. Bien que les effets sur la santé ne soient pas encore tout à fait clairs, des études sur le sujet sont en cours. Nous savons déjà que l’utilisation des plastiques de tous les jours peut amener des problèmes de perturbations endocriniennes.  

Traitement du plastique 

Lors de sa fin de vie utile, les plastiques non recyclables, car oui, il y en a beaucoup encore, s’en vont dans les sites d’enfouissement avec le reste de notre poubelle. Pas très glorieux me direz-vous, il est alors destiné à.. rester là des années durant sans qu’il ne se passe rien, s’il ne s’envole pas avant d’arriver aux sites d’enfouissement.

Les plastiques recyclables, eux, ont un avenir plus radieux. Après avoir été déposés dans notre bac de recyclage, ils s’en vont au centre de tri. De là, ils seront triés selon leur type, puis envoyés dans une usine qui fera du nouveau plastique.  

Super, alors il faut plus recycler !  

Oui mais voilà, le recyclage n’est pas sans défaut et à l’heure où la production de déchets ne cesse d’augmenter, le recyclage n’est qu’un pansement sur le problème.  

En effet, seulement 9 % du plastique produit depuis 1950 aurait été recyclé (Greenpeace Canada, s.d.). La quantité de matières recyclables ne cessent d’augmenter et les pays n’ont pas toujours les infrastructures pour traiter cette matière. De même, nos propres pays ont du mal à trouver des débouchés pour la matière une fois triée. Cela amène les problèmes que nous connaissons avec des conteneurs de déchets apportés à l’autre bout du monde afin de s’en débarrasser. Dorénavant, les portes de ces marchés sont fermées et nous nous devons d’adresser le vrai problème, notre production massive de déchets (L’actualité, 2017).

Quelles solutions ?   

Il est temps de lister quelques pistes de solutions à tous niveaux qui peuvent être proposés pour limiter la production de déchets. Bien sûr, on pense directement aux traditionnels conseils sur un bon recyclage, sur le suremballage, les nettoyages, sur le zéro déchet, l’achat en vrac, local, etc. Cependant, bien que ces conseils soient bons, il faut aller plus loin dans la réflexion et dans les actions.  

Commençons par le début de la chaine d’un déchet, son producteur. Des règlementations pourraient être adoptées par les états afin d’obliger à ce qu’un produit soit recyclable et fabriqué en totalité, ou en partie à partir de matières recyclées. Des discussions entre les producteurs et les centres de recyclage (afin de savoir s’ils ont la machinerie) pourrait aider au tri et à la récupération de ce type de produits. De plus, un produit devrait être créé seulement s’il existe un débouché de fin de vie pour lui.  

Ensuite, les consommateurs peuvent limiter leur production de déchets en choisissant des marques avec des produits plus écologiques, recyclables et moins emballés. Les marques sont sensibles à l’avis de leurs acheteurs, car sans nous, elles ne vendent plus ! Nous pouvons aussi nous renseigner sur nos produits et en choisir des plus durables au détriment des items à usage unique.  

En fait, là réside la clé de tout sujet, la recherche d’information. Les marques feront tout pour vendre leur produit, quitte à utiliser du greenwashing qui consiste à faire passer un produit pour quelque chose d’écologique alors qu’il n’en est rien. Il est alors essentiel à l’heure du tout accessible et de l’information illimitée de pousser la réflexion plus loin et de ne pas tomber dans le panneau de la surconsommation qui est directement lié à la production de déchets.  

N’oublions pas que le pouvoir citoyen est plus fort qu’on ne le pense et que nous pouvons demander des changements aux marques mais aussi à nos décideurs.  

Bibliographie

​365 reusable. (s.d.). Combien de temps faut-il au plastique pour se dégrader. Consulté le septembre 23, 2020 

Expédition 7e continent. (s.d.). Trajet des plastiques dans les océans. Consulté le septembre 22, 2020, sur Expédition 7e continent espace pédagogique: http://www.septiemecontinent.com/pedagogie/lesson/trajet-plastiques-oceans/ 

Greenpeace Canada. (s.d.). Vivre de façond durable #plastique. Consulté le septembre 28, 2020, sur https://www.greenpeace.org/canada/fr/plastique/ 

L’actualité. (2017). La chine ferme ses portes au recyclage. Consulté le septembre 28, 2020, sur septembre 

novethic. (2020, septembre 23). l’humanité mange son plastique. Récupéré sur https://www.novethic.fr/actualite/social/consommation/isr-rse/du-plastique-dans-nos-assiettes-144504.html 

novethic. (2020, septembre 23). Même dans les plus profonds océans, les animaux sont contaminés au plastique. Récupéré sur https://www.novethic.fr/actualite/environnement/dechets/isr-rse/dans-la-zone-la-plus-profonde-de-la-planete-les-animaux-marins-sont-contamines-au-plastique-145064.html 

Université de Newcastle, WWF. (2019). No plastic in nature : assessing plastic ingestion from nature to people. WWF. Consulté le Septembre 23, 2020, sur http://awsassets.panda.org/downloads/plastic_ingestion_press_singles.pdf 

Wikipédia. (s.d.). Bioaccumulation. Consulté le septembre 23, 2020, sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Bioaccumulation