[email protected] 514 447-6226 (Lajeunesse) | 514 856-9053 (Gouin) | 514-500-4956 (Villeray) | 514-500-4052 (Saint-Michel) | 514-500-5136 (Parc-Extension)

Ville en vert

Les plantes envahissantes du Québec

La flore québécoise regorge d’espèces provenant de partout à travers le monde. Les plus tenaces d’entre elles ont réussi à s’établir et à proliférer. Ce faisant, celles-ci représentent dans certains cas, de nombreuses sources d’impacts sur notre biodiversité, notre santé ainsi que notre économie. Ces espèces sont communément qualifiées d’espèces envahissantes exotiques (EEE) et sont caractérisées ainsi en raison notamment de leur introduction hors de leur aire de répartition naturelle, et dont leur établissement ou leur propagation constituent une menace à la flore et à la biodiversité indigène.  

Plusieurs facteurs expliquent l’introduction et la prolifération des EEE au Québec dont la mondialisation et de surcroit, l’accroissement des échanges commerciaux en provenance de l’étranger. Bien que certaines espèces puissent être introduites hors de leurs aires de répartition d’origine par des phénomènes naturels, telles que les inondations ou encore les migrations de la faune et de la flore, certaines découlent spécifiquement des activités anthropiques.  

En effet, à l’origine, l’humain a introduit des plantes surtout pour des besoins nutritifs, médicaux ou encore esthétiques. Leur propagation a été facilitée par le manque d’ennemis naturels et par le fait que ces plantes ont puisé dans leurs nouveaux habitats des ressources qui leur étaient jusqu’alors indisponibles dans leur environnement d’origine, favorisant ainsi leur développement et leur diffusion.  

Également, il est important de noter qu’une plante envahissante n’est pas nécessairement nuisible ou exotique. Par exemple, ce sont les modifications humaines de l’environnement qui ont favorisé la propagation de l’herbe à poux, une espèce envahissante bien d’ici, contrairement à la marguerite, une espèce exotique envahissante qui est considérée non nuisible, car elle n’entre pas en compétition avec les espèces indigènes.  

Les impacts des espèces envahissantes

Partout à travers le monde, les impacts causés par les espèces envahissantes exotiques sont considérables et préoccupants. La Convention sur la diversité biologique les considère d’ailleurs comme étant la deuxième menace mondiale en ce qui a trait à la biodiversité. 

En terme, d’impacts écologiques, les EEE accentuent la dégradation des écosystèmes, modifient la structure et la composition des communautés, accélèrent la perte des fonctions des services écologiques. Au niveau économique, les couts associés à la lutte aux espèces envahissantes exotiques représentent 5 % du PIB mondial et au Canada seulement, cela correspond à des couts de 7,5 milliards de dollars. Finalement, au point de vue des impacts sociaux, les espèces envahissantes représentent une menace directe à la santé des humains. 

Ultimement, à partir du moment où il y a une introduction et l’établissement d’une espèce envahissante dans un écosystème favorable, il devient très difficile de s’en départir et il est très couteux de la contrôler. C’est dans cette optique que les mesures de prévention, de détection et d’intervention rapide deviennent des éléments clés dans la lutte aux espèces envahissantes. 

Liste des plantes envahissantes au Québec 

Afin d’assurer le contrôle des plantes envahissantes, la lutte nécessite la collaboration de tous les citoyens. Dès lors, voici un top 3 des plantes envahissantes les plus fréquemment rencontrées au Québec.  

La Berce du Caucase 

Par sa hauteur variant de 1,5 mètre à 4 mètres, la Berce du Caucase est une plante exotique envahissante et particulièrement nuisible pour l’environnement. Également, elle est très dangereuse pour la santé humaine. En effet, sa sève contient des toxines photosensibilisantes et celles-ci s’activent au contact de la lumière et rendent la peau extrêmement sensible au soleil, occasionnant des dommages similaires à des brulures. Celles-ci peuvent se maintenir et avoir des effets sur la santé sur une période s’échelonnant sur plusieurs mois.  

Afin de l’éradiquer, les interventions doivent s’effectuer sur une période de cinq ans, car la plante forme une banque de graines semi-permanentes dans le sol. Heureusement, ces opérations sont relativement simples et il suffit de retirer les racines à l’aide d’une pelle ronde. Également, lorsque la plante est en floraison, il est fortement conseillé de couper les ombelles à la base de la tige florale avant la formation des graines. Ce faisant, cette opération limitera la propagation des graines. À noter que la plante meurt à la suite de sa floraison.  

En raison de sa sève, plusieurs mesures de sécurité sont de mise pour éviter tout contact avec celle-ci. De ce fait, il faut protéger toutes les parties de son corps incluant le visage et les yeux. Lorsque l’opération d’arrachage est terminée, il est conseillé de laver tous ses vêtements et outils. Si par mégarde vous entrez en contact avec la sève, vous devez nettoyer la zone avec du savon et puis rincez abondamment à l’eau claire. Initialement, le contact est indolore et les effets de brulures surviennent uniquement après quelques heures.  

L’herbe à puce 

L’herbe à puce est un vivace indigène formant des peuplements denses en bordure de routes, cours d’eau, bois et terrains non cultivés. Elle se propage à l’aide de graines et de tiges souterraines.  

Vous le savez probablement déjà, mais la sève de l’herbe à puce contient de l’urushiol, un allergène causant des inflammations de la peau. C’est environ 85 % de la population qui est allergique à la plante. Par sa composition huileuse, l’urushiol est non volatile et adhère aux outils de jardinage et aux vêtements.  

Si jamais vous entrez en contact avec la sève de l’herbe à puce, lavez rapidement toutes les zones de votre corps exposé ainsi que vos vêtements et outils de jardinage. Afin d’apaiser les démangeaisons, appliquez des compresses d’eau fraiche. Si les symptômes sont sévères et accompagnés de fièvre, consultez un médecin.  

Le phragmite exotique 

S’installant en monoculture dans les milieux perturbés, notamment le long des canaux de drainage des bords de routes, le phragmite exotique est l’une des espèces envahissantes les plus répandues au Québec. Lorsqu’il est bien installé, il prend la place de toute la flore d’origine, appauvrissant du même coup la biodiversité des écosystèmes.  

Le phragmite exotique se reproduit par graine, mais également à l’aide de rhizomes (tiges souterraines) qui s’étendent rapidement en une courte période de temps. Si les conditions le permettent, le phragmite devient très dense et se développe rapidement sur une grande superficie.  

Afin de limiter les impacts du phragmite, plusieurs options de contrôle s’offrent à nous. Tout d’abord, il est possible de retirer la plante par excavation en prenant bien soin de retirer toutes ses racines. Il est également possible d’effectuer une coupe aux deux ou trois semaines durant l’été. Cette opération nécessite toutefois d’être répétée à plusieurs reprises au fils des ans. Finalement, la dernière option est le bâchage, c’est-à-dire de recouvrir à l’aide d’une toile noire durant au moins une saison le phragmite coupé afin de l’appauvrir et éventuellement le tuer. Une fois débarrasser, il sera essentiel de replanter d’autres végétaux.  

Sources :  

Les espèces envahissantes au Québec

https://www.ledevoir.com/vivre/jardinage/556178/jardin-un-casse-tete-les-plantes-envahissantes

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/794492/especes-plantes-envahissantes-exotique-renouee-japon-berce-commune

http://plantesenvahissantes.org/

http://www.lmlandry.com/LM_Landry_2013_Les_especes_floristiques_exotiques_du_Qc.pdf

https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/propriete/plantes_nuisibles/

Fiches EEE – Plantes

Plantes

Bibliographie :

Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes. (2014).  Espèces exotiques envahissantes et leurs vecteurs – Fiches EEE-Plantes. http://vecteurs.cqeee.org/?page_id=1279 

Cyr, C. (2016, 25 juillet). Des plantes envahissantes redoutables dans votre cours arrière. La Presse. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/794492/especes-plantes-envahissantes-exotique-renouee-japon-berce-commune 

Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale du Québec (FIHOQ). (2012). Faites la lutte aux plantes envahissantes. http://plantesenvahissantes.org/  

Gobeille, L. (2019, 8 juin). Un casse-tête les plantes envahissantes ? Le Devoir. https://www.ledevoir.com/vivre/jardinage/556178/jardin-un-casse-tete-les-plantes-envahissantes 

Landry, LM. (2013). Les espèces floristiques exotiques et envahissantes du Québechttp://www.lmlandry.com/LM_Landry_2013_Les_especes_floristiques_exotiques_du_Qc.pdf 

Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. (2016). Les espèces envahissantes au Québec. https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/envahissantes/ 

Programme de sensibilisation aux espèces envahissantes de l’Ontario. (2020). Plantes envahissantes. http://www.invadingspecies.com/fr/plantes/ 

Ville de Québec. (2020). Comment se départir d’une plante nuisible ? https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/propriete/plantes_nuisibles/