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Des sauterelles au menu

Êtes-vous blasés des résolutions typiques du nouvel an? Cette année vous avez voulu faire changement et avez pris la décision de sortir de votre zone de confort en faisant de nouvelles expériences? L’entomophagie ou la consommation d’insectes par les humains cadre parfaitement avec cet objectif. Manger des insectes répondra à votre curiosité gustative, c’est garanti!

La consommation d’insecte, pas une idée nouvelle

La consommation d’insecte remonte à l’âge de pierre. Cela dit, encore aujourd’hui, 2 milliards de personnes, majoritairement de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique Latine, mangent quotidiennement ces petites créatures selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il y a plus de 1900 espèces comestibles; les plus prisées étant les  coléoptères (scarabée, coccinelles, etc.), les chenilles, les abeilles, les fourmis, les sauterelles et les cigales. Dans les dernières années, l’entomophagie a également reçu beaucoup d’attention médiatique, si bien que plusieurs chefs s’aventurent à intégrer des insectes dans leur menu alors que l’industrie alimentaire commence à s’y intéresser.

Plein d’avantages ces invertébrés

L’idée de croquer des sauterelles peut en repousser plus d’un, pourtant cette pratique possède de nombreux avantages, tant sur le plan environnemental que nutritionnel.  D’ailleurs, la FAO affirme depuis 2013  que l’entomophagie pourrait contribuer à la résolution des problèmes d’insécurité alimentaire et de changements climatiques. La production massive d’insectes permettrait de répondre à la demande grandissante de nourriture, particulièrement d’origine animale, occasionnée par la croissance démographique. Cette industrie offrirait également des opportunités commerciales dans plusieurs pays en voie de développement et diversifierait ainsi les moyens de subsistance.

Répercussions environnementales

L’avantage majeur des  insectes réside dans leur faible impact environnemental, et ce, quel que soit leur stade de vie. Effectivement, la production d’insectes libère jusqu’à 100 fois moins de gaz à effet de serre que l’élevage conventionnel pour une quantité égale de nourriture produite.  La production de viande animale accapare une plus grande quantité de ressources, incluant de l’eau, des terres et de la nourriture. Cela contribue, entre autres, au surpâturage et à la dégradation des forêts. À l’inverse, les insectes offrent une voie alternative moins polluante et plus durable. Notamment, leur taux de conversion alimentaire, soit la quantité d’aliments requise pour produire une augmentation de poids de 1 kilogramme, est très élevé. Par exemple, il faut 2 kg de nourriture pour produire 1 kg d’insectes, alors qu’il en requiert 8 fois plus pour obtenir la même quantité de viande animale. De plus, ces invertébrés peuvent être nourris avec des déchets organiques, incluant les restes alimentaires, ce qui permet d’économiser des ressources naturelles.

Bon pour la santé

Nos amis à multiples pattes sont étonnamment très nutritifs, et possèdent une teneur élevée en protéines, en matières grasses et en minéraux.  À poids égaux, la farine de grillon contient 1.5 fois plus de calories, 2.5 fois plus de protéines et 10 fois plus de vitamine B12 que le bœuf haché. Ces bestioles sont également riches en acides gras essentiels (oméga-3 et oméga-6), dans des quantités semblables à ce qu’on pourrait retrouver dans les poissons gras. Contrairement aux protéines animales, les insectes regorgent de fibres. Le seul bémol sur ce tableau blanc consiste en  leur  teneur non négligeable en sodium et en cholestérol. Il est aussi important de noter que la valeur nutritionnelle de ces organismes varie grandement en fonction de leur espèce, leur stade de vie, leur habitat et leur alimentation.

Un autre avantage à considérer au niveau de la santé est le faible risque de transmission de maladies, telles la grippe aviaire et la maladie de la vache folle. Avis aux personnes allergiques aux crustacés cependant; méfiez-vous des produits contenant des insectes, car ces espèces sont apparentées et pourraient occasionner des réactions indésirables.

L’entomophagie près de chez vous

Si ce texte suscite en vous le besoin irrépressible de vous initier à l’entomophagie, soyez rassurés, car cette pratique est possible au Québec, quoique limitée. Les insectes peuvent être apprêtés de multiples façons : on les consomme entiers, transformés en farine, ou encore incorporés dans différents aliments. Les compagnies québécoises Näak et Ukaprotéines offrent notamment des barres tendres faites de grillons, alors que Tottem vend des  pâtes alimentaires à base de cet insecte. Pour les plus téméraires, le restaurant mexicain La Selva à Montréal sert des tacos de chapulines (sauterelles) entière.  Finalement, l’insectarium de Montréal a organisé une activité «croque-insecte» l’automne dernier pour plaire aux papilles intrépides.

En somme, l’entomophagie peut en dégoûter plus d’un au premier coup d’œil, mais on réalise rapidement que l’inclusion des insectes dans notre régime alimentaire apporte plusieurs avantages. Qu’on le fasse pour bénéficier de leurs avantages nutritionnels, pour sauver la planète ou encore par simple curiosité culinaire,  il est certain que les raisons ne manquent pas pour s’adonner à cette pratique peu orthodoxe!

Par Marie-Maude Brochu étudiante en nutrition McGill

Révisé par Geneviève Gagné Dt.P. Nutritionniste


Références

One Comment on “Des sauterelles au menu

  1. Bonjour,
    merci pour l’article.

    Je recommanderais également la compagnie montréalaise Crickstart que j’ai essayé et qui fait des bons produits à base de grillons (barres, craquelins et autres produits).