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Ville en vert

Faire du vélo d’hiver : démystifier une pratique de transport actif

Vélo d'hiver

Le vélo d’hiver

Vous avez probablement aperçu l’un ou l’une des 50 000 cyclistes d’hiver fendre les épaisses couches de neige durant le coriace hiver montréalais. Qui sont ces gens et pourquoi pratiquent-ils le vélo d’hiver ? Que ce soit par désir de limiter son empreinte écologique, par soucis pour sa forme physique dans un environnement urbain de sédentarise ou tout simplement pour épargner temps et argent, les raisons sont nombreuses pour enfourcher son vélo à l’année ! Loin de vouloir minimiser les risques de cette méthode de locomotion, cet article vise à présenter les éléments essentiels du vélo d’hiver : les pièces et l’équipement spécifiques, la conduite appropriée, l’entretien conséquent et les regroupements du vélo hivernal. Notre spécialiste invité, René Pruneau, déclare d’emblée qu’il faut avant tout écouter ses préférences — basées sur la pratique – et ne pas prendre le vélo d’hiver comme un dogme. Cela fait plus de 6 ans qu’il fait du vélo l’hiver et depuis il passe beaucoup de temps dans les ateliers communautaires pour assister les autres cyclistes l’hiver ; c’est sa manière de s’impliquer comme citoyen.

Les pièces

Les pièces les plus importantes pour rouler l’hiver sont les pneus. On veut éviter les pneus de route lisses qui n’offrent aucune adhérence à la chaussée enneigée ou glacée. Les pneus à clous sont les plus sûrs. René conseille leur utilisation pour leur fiabilité dans l’une des conditions les plus risquées, soit lorsqu’il y a une couche de glace cachée sous un petit tapis de neige. Leur coût assez dispendieux pourrait vous amener à en acheter seulement un, qui devrait être installé à l’avant, puisque c’est la roue qui est sujette à glisser. Cela dit, le pneu à clous s’use rapidement sur le bitume et augmente considérablement la friction de roulement, ce qui a pour effet d’en réduire considérablement l’efficience. Pour la conduite sur neige, les pneus à gomme molle et à crampons peuvent faire l’affaire pour les plus petits budgets.
Selon René, un ensemble de garde-boues serait aussi un ajout judicieux pour rester relativement sec et protéger son vélo. À propos du cadre, soit la forme structurelle du vélo, on aperçoit de tout sur les rues de Montréal l’hiver : « Fat-bike », vélo de route, de montagne, hybride, etc.

L’équipement

Peu importe le budget, un.e cycliste qui veut sortir tout l’hiver devra trouver un accoutrement qui recouvre l’entièreté de son corps. Pour la tête et le cou, une cagoule, des lunettes de ski et un cache-cou éviteront les larmes glacées et les engelures aux oreilles. Pour les jambes, un pantalon de neige imperméable à coutures scellées serait idéal, ou des guêtres qui éviteront de salir les pantalons lorsqu’il ne fait pas si froid. En ce qui concerne les pieds, des bottes imperméables et chaudes sont essentielles. Pour ce qui est du manteau, il est souhaitable d’avoir un manteau chaud, mais surtout qui respire bien. Notre spécialiste rappelle avec raison qu’en matière d’habillement, il faut d’abord choisir ses vêtements en fonction de la sueur — qui peut s’avérer être bien plus dangereuse que le froid lui seul, surtout quand on parcourt de grandes distances comme le fait René ! Pour ce dernier, les températures humides (autour de 0, puis –20 en descendant) sont les moments où les cyclistes doivent faire le plus attention à leur chaleur corporelle.

La conduite

Une fois bien équipé.e et chaudement habillé.e, un.e nouvel.le cycliste d’hiver devra s’habituer aux conditions météorologiques et leurs effets sur la conduite. Nul besoin de s’éterniser sur l’importance primordiale de freins en bonne condition, de lumières pour être bien visible au travers des bourrasques de flocons, et lors des ralentissements aux intersections et arrêts. La conduite hivernale exige une attention considérable portée sur l’équilibre et, à ce titre, on devra penser à garder son centre de gravité au plus bas et le plus à l’arrière du vélo possible afin d’éviter les chutes. Les cyclistes devront également porter une attention aux différents types de neige et glace. La plus infâme, qu’on surnomme « cassonade », est cette croûte brunâtre qui se crée avec la neige collante sous la pression des pneus des véhicules. De surcroît, la « sloche » issue d’une journée douce, lorsqu’elle gèle la nuit suivante, crée des surfaces cahoteuses et glissantes, donc dangereuses. Pour ce qui est du partage de la route, on sera étonné de la prudence avec laquelle les automobilistes traiteront de la présence des cyclistes. En somme, tout le monde se déplace plus prudemment l’hiver. Finalement, si vous barrez votre monture à l’extérieur, n’oubliez pas que les trottoirs sont déneigés avec fougue par les petits camions-chenilles déblayeurs ; tant de vélos ont été brisés par l’un d’eux !

L’entretien

Au cours de l’hiver, avec toutes les méthodes drastiques employées par la voirie pour garder la chaussée sécuritaire, votre vélo sera exposé aux différents minéraux, calciums et produits abrasifs, qui accélèrent la détérioration des composantes du vélo (par la rouille, notamment). Afin d’être bien préparé pour la saison, on devrait bien nettoyer et graisser ses différents roulements à billes : jeu de direction et de boitier de pédalier (« bottombracket »), moyeux des roues avant et arrière et, d’une moindre importance, les pédales. Il est d’autant plus important de graisser le filetage des pièces vissées et la tige de selle, etc.

Au quotidien, il est conseillé de rentrer le vélo le plus souvent possible à l’intérieur, en vue de faire fondre la neige et de pouvoir nettoyer la boue et le calcium avec du dégraisseur, pour ensuite le rincer à l’eau. Question de prévenir les accumulations de sédiments, on pourra nettoyer à l’aide d’une brosse, les pignons et le pédalier. Lorsque votre monture hivernale est complètement sèche, n’oubliez pas, avant de la ressortir, de lubrifier, à l’aide d’une huile plus épaisse et visqueuse que l’été, la chaîne et le cadenas, et de graisser les vis et ressorts des freins, voire des moyeux des roues s’ils ne sont pas munis de cache-poussières. S’il est impossible pour vous de remiser votre vélo pour la nuit, aspergez-le de lave-glace.

Toutes ces petites attentions prolongeront l’espérance de vie de votre vélo d’hiver et de ses composantes. À ce sujet, contrairement à l’adage montréalais qui dit « qu’il faudrait un vieux vélo pour l’hiver, car il se “maganera” plus vite », René affirme qu’un « bon » vélo sera plus facile à entretenir et réparer.

Quelques regroupements de vélos communautaires et alternatifs à Montréal:

Enfin, en voilà beaucoup d’informations ! Cela dit, il existe des organisations qui facilitent l’apprentissage de toutes ces procédures et précautions. René réfère en premier lieu au groupe Vélo d’hiver – Montréal sur Facebook (https://www.facebook.com/groups/velodhiver/). Là, il se peut bien que René lui-même réponde à vos interrogations. Il est aussi recommandé de fréquenter un atelier de vélo communautaire (comme LurluBellerue), plutôt que d’aller uniquement dans les quelques magasins ouverts l’hiver. René atteste qu’on peut y faire des rencontres enrichissantes avec des gens ouverts à échanger sur le vélo d’hiver, et généreux de leur temps pour enseigner les rudiments de cette pratique.

Dans les universités: BQAM à l’UQAM (Vous y verrez peut-être René!);
Right to Move/La voie libre et Le Petit Vélo rouge à Concordia;
La cave et The Flat bike collective à McGill;
le C.R.A.B.E. à l’ÉTS;
la Coop Bécik à Brébeuf;
Biciklo à l’UdeM.

Dans des organismes commauntaires et OBNL:
PRACOM, Mile End Bike Garage et Santrovélo dans le Plateau;
l’atelier Culture Vélo et la Remise dans Villeray;
Vélorution dans Saint-Michel.


À propos de l’auteur

Gabriel Martin Labrosse est un amateur de vélo et pratique la mécanique depuis bientôt 2 ans. Il adore faire du cyclotourisme, mais reste plutôt sédentaire ces temps-ci puisqu’il finit son programme de maîtrise en science politique. Il a été mécanicien vélo pour Ville en Vert durant l’été 2018 et il est bénévole et membre du conseil d’administration à BQAM.