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Ville en vert

Journée de la biodiversité

Le 22 mai, nous fêtons la journée de la biodiversité. Pour vous inviter à souligner cette journée, nous vous proposons de partager une expérience liée à l’un de vos espaces naturels préférés ou encore de nous partager une de vos actions ayant eu pour but d’encourager la présence de la biodiversité.

De notre côté, nous avons réalisé une expérience afin de mieux comprendre le cycle de vie de l’asclépiade. L’asclépiade commune est une plante vivace indigène qu’on aperçoit dans les champs, sur le bord des routes ou encore sur des terrains vagues.

Cette plante peut être vue comme une mauvaise herbe par certains acteurs du milieu agricole ou par les résidents des régions du Québec. Cependant, elle fait depuis peu l’objet d’un engouement du fait de sa relation unique avec le papillon monarque. En effet, les œufs et les chenilles du monarque se développent exclusivement sur la plante, qui représente leur seule source de nourriture. Elle leur permet d’ailleurs de développer une certaine toxicité qui les protège des prédateurs. De plus, la fructification de la plante permet d’extraire un type de soie pouvant être utilisé pour la confection de vêtements.

Pour réaliser cette expérience, nous avons fait la récolte de ses semences il y a quelques années. À titre expérimental et dans le but d’obtenir des plants de qualité produits à partir de nos installations, nous avons fait germer des semences d’Asclépias syriaca. Pour ce faire, il faut faire lever la dormance. La dormance est un mécanisme développé par la plante afin de prévenir une germination lors d’un moment non propice. Nous avons donc placé les semences dans des contenants remplis de substrat humide au froid le 3 mars dernier pour faire la stratification. La stratification est une technique qui sert à faire lever la dormance. Cette technique est essentielle afin d’obtenir une germination réussie. Nous avons ensuite enlevé les semences du réfrigérateur le 13 avril dernier soit 45 jours plus tard. Nous avons observé un taux de germination très satisfaisant.

Suivez-nous sur notre page Facebook pour voir l’évolution des plantules, mais aussi pour en apprendre encore plus sur la biodiversité au courant du mois de mai. 

Source : http://www.fleursduquebec.com/encyclopedie/1776-asclepiade-commune.html

Autosuffisance et agriculture urbaine

Pendant que les grands joueurs de l’agroalimentaire parlent d’obtenir des tarifs préférentiels avec Hydro-Québec pour la production de légumes en serre, de financer les pertes déjà encourues ou à prévoir dans les grandes cultures et que les Québécois s’intéressent de plus en plus à l’autosuffisance alimentaire[1], que se passe-t-il avec la sécurité alimentaire du citoyen vivant en ville ?

L’insécurité alimentaire avant le COVID-19

La sécurité alimentaire n’est pas un enjeu nouveau : 

« Alors que 2019 était bien loin d’une crise sanitaire, c’est pourtant 1,9 million de demandes d’aide alimentaire qui ont été adressées chaque mois aux banques alimentaires du Québec. Et comme le dit si bien le Docteur Arruda, ce chiffre, c’est d’abord et avant tout des personnes. Avec ou sans emploi, habituées, occasionnelles ou alors complètement étrangères aux services de dépannage, ce sont des personnes qui ont manqué de chose à manger. Des personnes qui, certes, ont eu un coup de pouce des banques alimentaires, mais dont la situation d’insécurité alimentaire ne s’est pas retrouvée résolue pour autant. Crise du Coronavirus ou pas, l’insécurité alimentaire fait bel et bien parti du paysage québécois. Devoir se tourner vers le dépannage est toujours une solution de dernier recours et non un service qui départi le Québec du phénomène d’insécurité alimentaire… »[2]

Sur une population de 8,4 millions au Québec, ce total de 1,9 million de demandes mensuelles d’aide alimentaire représente près de 23 % de la population. Un québécois sur quatre serait donc démuni quant à sa capacité d’alimentation ; en considérant que ces demandes peuvent être associées à des familles, il est possible que ce nombre soit encore plus important. 

François Legault et l’autonomie alimentaire

Lors de la conférence de presse du 3 avril dernier, interpelé sur l’autonomie en approvisionnement de masques N-95, le premier ministre François Legault a dit que « s’il y a une leçon qu’on tire de la crise actuelle, c’est qu’on devrait être autonome pour les biens qui sont essentiels ».

Cependant, il ne faut pas se réjouir trop rapidement : l’autosuffisance en approvisionnement alimentaire local du Québec n’est pas pour demain. Le ministre de l’agriculture André Lamontagne est enthousiaste à l’idée de se tourner vers un plus grand approvisionnement local, mais cela risque de prendre des années à mettre en place.[3] Pour rappel, nous sommes présentement à environ 30% d’autonomie alimentaire alors que nous étions à plus de 80 % dans les années 1980. Il est salutaire d’apprendre qu’Investissement Québec financera à hauteur de 1,3 M$ Ferme d’Hiver, une ferme intérieure innovatrice 100 % locale[4] visant à réduire l’approvisionnement extérieur québécois en aliment frais, mais avant de voir une production à grande échelle, les problèmes de l’insécurité alimentaire persisteront et s’aggraveront peut-être.

Bien qu’on nous ait assuré que l’approvisionnement en denrées alimentaires ne subirait pas d’interruption pendant la crise, ce n’est pas tout le monde qui partage cet avis : 

« … Michel Saint-Pierre et Guy Debailleul, les coprésidents de l’Institut Jean-Garon, un organisme sans but lucratif ayant pour mission de contribuer à définir et faire évoluer les politiques agroalimentaires québécoises, ont récemment lancé un appel par voie de communiqué, s’inquiétant des conséquences de la crise dans les mois à venir. Selon eux, l’approvisionnement risque de graduellement s’affaiblir, à mesure que les camionneurs, travailleurs agricoles ou opérateurs des centres de distribution seront affectés par la maladie.

MM. Saint-Pierre et Debailleul donnent en exemple la Californie où le confinement obligatoire de ses 40 millions de citoyens aurait inévitablement un impact sur la production de fruits et légumes. En effet, quand on pense que la Californie produit plus du tiers des légumes et les deux tiers des fruits et noix des États-Unis, et que nous importons nous-mêmes une grande partie de ces aliments (les fruits frais, séchés et les noix sont la deuxième catégorie de produits la plus importée au Québec et le fournisseur principal est les États-Unis, selon les données du ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec [MAPAQ] de 2018), il y a certainement lieu de s’inquiéter. » [5]

Sans s’alerter, pouvons-nous entrevoir des solutions à court terme pour assurer la sécurité alimentaire des Montréalais ? Quelle assurance pouvons-nous prendre pour contrer les conséquences d’éventuels problèmes d’approvisionnement ?

Du local pour soi et par soi

L’agriculture urbaine a le vent dans les voiles depuis presque 10 ans maintenant. L’engouement des dernières années pour le jardinage urbain ou encore pour les poulaillers urbains s’explique par un désir de la population de manger plus frais, bio et local. Le mouvement communautaire et entrepreneurial en agriculture urbaine a développé de nombreux projets pour améliorer la sécurité alimentaire et les habitudes en saine alimentation de la population. Depuis de nombreuses années, Ville en vert a déployé ses énergies à développer des jardins collectifs, des potagers scolaires et éducatifs, des jardins de production, le partage de la récolte des arbres fruitiers de nombreuses propriétés, à verdir et créer des aménagements comestibles, à former les citoyens sur leur pratique de jardinage, et à sensibiliser à manger plus local, de saison et sainement.

Aujourd’hui, l’agriculture urbaine devient un domaine plus significatif lorsqu’on parle de sécurité alimentaire en pleine crise du COVID-19. En fait, elle prend tout son sens. Enfin. 

Est-ce que nos dirigeants en sont conscients ? La crise n’est-elle pas l’occasion de réfléchir sérieusement sur la façon dont les Montréalais s’approvisionnent et produisent leur nourriture, et quel rôle joue l’agriculture urbaine au temps de la COVID-19 ? Et cela concerne, particulièrement, les plus vulnérables d’entre nous.

Quoi faire ?

Pour le moment, nous sommes au cœur de la crise et nous devons suivre les consignes édictées par le gouvernement pour endiguer le virus. Nos efforts collectifs portent tout de même fruit. Nous pouvons nous en réjouir !

Après cette crise, ne serait-il pas opportun que la ville de Montréal adopte rapidement un plan de développement en agriculture urbaine ? Nous avons plus que jamais besoin de nos élus pour penser et innover en la matière. 

Imaginons Montréal qui autorise les poulaillers urbains ; qui éduque massivement les citoyens sur leur façon de jardiner ; qui développe des aménagements comestibles, comme des forêts-nourricière dans les parcs ; qui encourage le secteur économique de l’agriculture urbaine par le développement de serre sur les toits, de fermes d’hiver, de productions mycologiques et d’autres productions de niche ; développer des projets de jardinage bio-intensif sur les terrains peu occupés et trop gazonnés de Montréal. De nombreux emplois pourraient se créer dans un secteur innovateur et attractif pour une population en quête d’écologie, d’alimentation locale et de travail porteur de sens. La question qui devrait traverser notre esprit présentement : pourrons-nous vivre en ville tout en diminuant notre dépendance en approvisionnement alimentaire externe et protéger les plus vulnérables ? 


[1] https://www.lapresse.ca/affaires/economie/202004/07/01-5268346-la-pandemie-incite-les-quebecois-a-lautosuffisance.php?fbclid=IwAR0jsSFuVimZ9oQmY60hOa1lrr-k3PphY1sqvJTOe396hDq6uTCfcdSM7bw

[2] http://www.rccq.org/fr/insecurite-alimentaire-au-temps-du-coronavirus/?utm_source=Liste+de+diffusion+publique&utm_campaign=452eecb419-EMAIL_CAMPAIGN_2019_02_19_04_18_COPY_02&utm_medium=email&utm_term=0_506add00a9-452eecb419-51782807

[3] https://www.laterre.ca/actualites/covid-19/covid-19-lamontagne-previent-que-la-souverainete-alimentaire-ne-se-fera-pas-du-jour-au-lendemain

[4] http://lavieagricole.ca/5953?fbclid=IwAR1HNhKAasfBXxjHcinR5nym-on4HRO4tD2kBV3jxsKvqRmgYAePNG4AYSE

[5] https://centdegres.ca/magazine/alimentation/une-crise-autosuffisance-alimentaire/?utm_source=dialoginsight&utm_medium=email&utm_campaign=B369

Photographie : Sarah Wattoua. Ce fichier est sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported.